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Critique du CANARD ENCHAÎNÉ du mercredi 5 février 2014 "Par la voix passionnée de Bernard Le Coq, ce documentaire de Jean Périssé dresse le portrait du créateur du canal du Midi, Pierre-Paul Riquet. Et raconte comment ce riche financier toulousain, bon vivant au passé trouble mais à la langue fleurie, se piqua sous Louis XIV de faire le lien entre l'Atlantique et la Méditerranée.  Un personnage assez génial, aussi mégalo que truculent !" – D.J

LA CRITIQUE DE PREMIÈRE / Hugo Saadi (05/02/2014)
Une étude historique bien documentée sur les étapes de la construction du canal du Midi, qui redorera le blason de Pierre-Paul Riquet, le « Moïse » du Languedoc.

L'INDÉPENDANT / Lionel Ormières (27/12/2013)
Pierre-Paul Riquet a désormais son film-documentaire.
Le projet, impulsé par une association salléloise, est arrivé à terme : « La fabuleuse histoire de Monsieur Riquet » a été projeté en avant-première à Tournefeuille.

La morale de cette aventure, c'est qu'une idée, même utopique, peut toujours se concrétiser si l'on y met suffisamment de force et de foi". Jacques de Grenier et l'association salléloise 'Un film sur Riquet' viennent d'en faire l'éclatante démonstration. Quelques années auront suffi à ces passionnés du Canal du Midi pour accomplir leur défi : donner naissance à un long-métrage consacré à Pierre-Paul Riquet.
Partis de zéro, les bénévoles ont convaincu un réalisateur (Jean Périssé) et une écrivain (Michèle Teysseyre). Un comédien a ensuite rejoint le navire, et pas des moindres : Bernard Le Coq. C'est lui qui donne sa voix au film-documentaire La fabuleuse histoire de Monsieur Riquet, dont l'avant-première a eu lieu dimanche dernier, tout près de Toulouse.
Le terme 'film-documentaire' n'a rien d'un effet de style : jamais une production de ce type ne s'est à ce point rapprochée de la narration cinématographique. Le tout sans ces reconstitutions poussives dont certains se sentent obligés d'abuser. "De cela, je ne voulais pas", lance clairement Jean Périssé. "En revanche, je tenais vraiment à conter une histoire, menée comme une véritable enquête. De Riquet, je n'en savais pas plus que la plupart des gens. C'était 'le père de la sécu' et ce type de choses, qui constituent les aspects les moins intéressants du personnage. En répondant à la proposition de l'association, j'ai eu l'opportunité d'explorer ses zones d'ombre".
De l'idée même du Canal jusqu'à sa réalisation bourrée d'obstacles, La fabuleuse histoire… tente de tirer le vrai du faux en convoquant de nombreux spécialistes dont les témoignages se répondent à un rythme haletant. Un montage ciselé à la seconde près : le résultat d'un travail d'orfèvre. "J'avais une quarantaine d'heures d'interviews", s'exclame Jean Périssé. "Le plus difficile pour moi était de donner toutes les informations sans perdre en énergie et en dynamisme".
Pour y parvenir, le réalisateur avait un autre atout dans sa manche. Une trouvaille aussi simple que géniale, qui transforme définitivement ce documentaire en véritable récit. Au lieu de rajouter simplement les commentaires de Bernard Le Coq sur les images du Canal, Jean Périssé filme en effet le comédien dans le studio d'enregistrement. "Peu à peu, il entre dans la peau de Riquet". Et pour cause : Le Coq lit aussi nombre des missives que le bâtisseur avait adressées à Colbert… 'incarné' par l'acteur François-Henri Soulié (tout aussi formidable). "Il n'y a pas de jeu à proprement parler", souligne le metteur en scène. "C'est juste une évocation, mais cela suffit pour oublier l'anachronisme du studio et pénétrer dans ces échanges de lettres". Un duel jubilatoire, point d'orgue d'une histoire fabuleusement bien racontée.
Bernard Le Coq : "Il y a quelque chose d'universel dans cet homme qui va au bout de son rêve"
Le plaisir qu'il prend à 'jouer' dans ce documentaire crève l'écran. Bernard Le Coq a vécu avec délice cette transition progressive du narrateur vers son personnage. "C'était vraiment très amusant à tourner", confie le comédien. "Jean commence par filmer des acteurs en plein travail, puis les frontières se brouillent petit à petit et les artistes s'identifient à ceux dont ils parlent"
Tout en prenant soin de ne pas aller trop loin… "Il ne fallait pas tomber dans un jeu ampoulé, théâtral dans le mauvais sens du terme", explique-t-il. "Nous avons voulu faire les choses simplement, et j'ai confiance pour cela dans l'œil de Jean car nous sommes sur la même longueur d'onde. Quand il me dit que quelque chose ne va pas, il vise toujours juste".
Une complicité de longue date, Jean Périssé ayant déjà dirigé Bernard Le Coq dans le film L'Occitanienne. Le comédien incarnait alors Chateaubriand : avec La fabuleuse histoire…, le metteur en scène lui offre d'approcher une autre personnalité hors norme. C'est d'ailleurs le parcours exceptionnel de Riquet qui a poussé Le Coq à s'embarquer au fil du canal. "Il y a quelque chose d'universel dans cet homme qui va jusqu'au bout de son rêve", confie l'artiste. 
"La force de ce documentaire tient justement dans le fait qu'il se regarde comme un film : on ne s'ennuie pas une seule seconde, et on se laisse ainsi porter par la folie de ce personnage lancé dans un projet insensé". Toutes proportions gardées, on pourrait faire aisément le parallèle avec le destin de ce long-métrage né en Narbonnais, d'un simple pari. 
Prochaine étape le 5 février prochain, date de la sortie nationale. Le réseau 'salle et essai' étant dans un premier temps privilégié, on espère que le film fera escale au cinéma du Théâtre : ce serait d'autant plus réjouissant que la salle en question est pour ainsi dire au bord de l'eau.

 

Guy Chapouillié – Université Toulouse-Le Mirail  (22/12/2013)

Dès le début je me suis senti porté au fil de l’eau, comme si le rythme du film était rivé à celui de la péniche occitane. Oui je peux dire avoir senti le film s’écouler comme glisse cette péniche, avec précision, souplesse, à la découverte d’un chemin de beauté qui fut aussi celui d’un combat. Certes, Riquet n’est pas le Bon Dieu, il est un homme riche et prédateur, mais il est un homme qui a tenté de détourner la gabelle au profit de son rêve et par conséquent de sa région.
La question de la finalité de ce film m’a bien fait rire, car un film n’est jamais ni le tout ni la fin et surtout pas une devinette. C’est sans doute beaucoup plus près de la formule de Cocteau « un objet difficile à ramasser » et ajoute-t-il « moins il est compris, moins vite il ouvre ses pétales et moins vite il se fane ». Je crois que « LA FABULEUSE HISTOIRE DE MONSIEUR RIQUET » est tout à fait ça, un objet difficile à ramasser, qui comprend le souci d’affronter la complexité de l’Histoire au croisement des petites histoires, le souci d’approcher l’homme que le mythe a caché, le souci de la parole de tous (j’ai beaucoup aimé le docteur ès lettres à qui on ne la fait pas), le souci des frissons que peut procurer la nature (si on sait la respecter comme le demandait René Char) et, justement, le film montre que ce canal est bien devenu le fruit superbe d’un corps à corps singulier entre la nature et l’homme. Et puis c’est surtout un film d’eau, de fertilité, de fluidité, de sonorités aqueuses en un mot, un seul, la vie ; la vie dans tous ces tourments, mais sans que jamais il ne soit permis d’en saisir la globalité. Plusieurs fois les parleurs parlent d’un bon vivant, pour résumer son amour pour les femmes, pour le vin, pour le pouvoir… Oui, c’est ça, moi aussi j’ai pensé au bon vivant, celui qui cueille au moment où ça se présente, comme nous y invitait Pierre de Ronsard. Le film a hérité de ce côté bon vivant, car je l’ai trouvé jubilatoire ; non seulement il m’apprend des choses, mais il me procure un plaisir qui n'est pas que celui de l’entendement où la voix de la chanteuse déchire un peu plus mon cœur, car ça me rappelle alors bien des choses… Il y a bien des petits riens qui font un peu grincer la machine, mais c’est le corps du film qui m’intéresse et non ses quelques abcès.
Et puis, au fond, la finalité de la finalité est bien la lutte contre l’oubli, car qui connaît ou connaissait vraiment Riquet ? En tout cas, le mythe est en santé et bien enraciné dans cette absence de date de naissance. Ce film lui a donné une âme et remplacé la statue froide et boulonnée du haut de Jean Jaurès, par une mémoire de chair, de désir et d’invention.