FRANÇOIS-HENRI
SOULIÉ

« L’état civil dira que je suis né le 28 avril 1953, mais c’est faux.

Je suis né en 1960, à l’âge de sept ans lorsque j’ai joué dans La vie est un songe de Pedro Calderon.

J’étais le page du roi de Pologne qui avait, à cette époque-là, de gros ennuis avec son fils Sigismond. Heureusement ça c’est bien terminé.

Pour moi aussi, car j’ai compris qu’il existait un monde où l’on souffrait pour le plaisir du jeu et où les morts faisaient semblant d’être morts. Depuis lors, la fiction et particulièrement le théâtre, sont la seule patrie où je me reconnaisse chez moi. Partout ailleurs sévit une forme d’exil.
J’ai donc appris à jouer la comédie, j’ai réalisé des films, j’ai écrit des dialogues, j’ai inventé des personnages.

J’ai aussi fait des costumes, des décors, des musées et en ce moment je prends un réel plaisir à jouer à la poupée en créant des spectacles de marionnettes.

La voix humaine me passionne par sa faculté à véhiculer la poésie profonde des mots et à faire vibrer les imaginaires.

C’est pourquoi j’aime beaucoup dire des textes pour Lettres d’Automne.

C’est encore une autre manière de donner à la vie l’épaisseur infinie des songes. »